(En)quête de patrimoine, en route pour la Seine-Saint-Denis !

L’inventaire participatif (En)quête de patrimoine est un projet à l’initiative du Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis, en partenariat avec Seine-Saint-Denis Tourisme, Plaine Commune, le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement du 93 et bien d’autres encore !

Ces derniers ont choisi de nous faire confiance pour organiser des balades urbaines. Les Cultiveuses vous invitent donc à découvrir les coulisses de l’événement.

À la découverte du territoire séquano-dionysien !

Si (En)quête de patrimoine est un inventaire participatif, et nous y reviendrons, c’est aussi tout un programme d’animations ! Depuis septembre dernier, le Conseil Départemental, Seine-Saint-Denis Tourisme et de nombreux partenaires ont souhaité faire découvrir au grand public les quartiers séquano-dionysiens.

De la balade urbaine…

Journées européennes du patrimoine 2020 à Épinay-sur-Seine, À la découverte de l’architecture spinassienne
© Juliette Ruel

Depuis l’automne dernier, de nombreux participants ont découvert les villes des Lilas et d’Aulnay-sous-Bois à travers plusieurs jeux de piste comme À la découverte des matériaux des Lilas et Minute, pavillons ! Ces animations ont été proposées à un public scolaire comme familial au moment des Journées européennes du patrimoine. Et ces deux promenades animées par les villes des Lilas et d’Aulnay-sous-Bois ont connu un certain succès. Des balades urbaines sur l’architecture du centre historique d’Épinay-sur-Seine ou encore celui de Neuilly-sur-Marne ont été proposées.

Les Journées européennes du patrimoine se sont terminées mais les animations ne se sont pas arrêtées pour autant. Il faut dire que le programme hivernal a été chargé ! Quelques participants ont eu la chance de découvrir le centre historique de Montfermeil au cours de la balade urbaine À la découverte des belles demeures de Montfermeil ! Le reconfinement a bien évidemment fini par frapper de nouveau et ç’en était fini des balades urbaines !

Fini ? Pas réellement. C’était sans compter sur les outils numériques qui nous ont permis de continuer à valoriser l’événement à distance, en proposant à nos participants un cycle de conférences virtuelles spécialement consacré à (En)quête de patrimoine.

… à la balade virtuelle

Là encore, les participants ont été au rendez-vous et ils ont été nombreux à suivre nos conférences virtuelles ! Devenu difficile de se rendre sur le terrain, il n’était pas envisageable pour l’ensemble des partenaires de ne pas continuer à valoriser leur patrimoine. L’idée a donc été la suivante : concevoir des balades urbaines pouvant s’adapter au numérique et inversement. De nombreux partenaires nous ont suivi dans ce beau projet :
– Épinay-sur-Seine, avec À la découverte de l’architecture spinassienne et Voyage spinassien dans le quartier du Cygne d’Enghien) ;
– Montfermeil, avec À la découverte des belles demeures de Montfermeil) ;
– Stains, avec De la cartographie à la carte postale, du Vieux Stains à nos jours ;
– et Aulnay-sous-Bois, Sur les traces du pavillonnaire aulnaysien.

Diapositives du cycle de conférences sur l'architecture séquano-dionysienne
Cycle de conférences (En)quête de patrimoine © Les Cultiveuses

Proposées depuis novembre dernier et directement conçues en collaboration avec les différents Services Patrimoines et Archives des villes partenaires de l’événement, ces conférences ont été programmées à de nombreuses reprises et ont pu faire découvrir l’architecture, l’histoire de ces villes, ainsi que de nombreuses anecdotes.

Cela a pour nous été un travail totalement différent que de concevoir des balades urbaines classiques, mais pas des moins agréable. Présentations agrémentées de cartes postales anciennes, de nombreuses photographies, de plans et parfois même de peintures, le pari était de vous faire voyager au plus près de l’architecture depuis votre canapé.

Ces balades virtuelles ont donc rencontré un franc succès, avec plus de 500 participants jusqu’à aujourd’hui (et ce n’est pas fini !). Et surtout, des participants satisfaits comme nous avons pu le lire dans les nombreux commentaires sur ExploreParis ! Nous revenons donc au mois de mars avec deux nouvelles balades virtuelles : Le quartier Montfermeillois de Franceville et La découverte du grand est spinassien et ses grands ensembles !

Mais alors (En)quête de patrimoine, qu’est ce que c’est exactement ?

Identité visuelle (En)quête de patrimoine
© Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis

Lancé en septembre 2020 au moment des Journées européennes du patrimoine, (En)quête de patrimoine propose au grand public une première édition consacrée aux bâtisseuses et bâtisseurs de la Seine-Saint-Denis avec : Qui a bâti le Grand Paris ?

Mais alors qui a bâti le Grand Paris ? C’est la question à laquelle nos chargés d’inventaire et de valorisation patrimoniale du Département de la Seine-Saint-Denis ont choisi pour cette première édition de l’inventaire participatif.

Les signatures de bâtisseurs, un patrimoine méconnu

En déambulant dans les quartiers et rues des villes séquano-dionysiennes, vous avez sûrement dû croiser quelques inscriptions gravées à même les façades de bâtiments ou encore apposées sous la forme de plaques en céramique. Il faut dire que les inscriptions sur les façades, ce n’est pas ce qu’il manque. Entre les numéros, les noms parfois donnés aux pavillons ou encore des plaques indiquant à chaque étage d’immeuble s’il y a l’eau et le gaz, il y a de quoi s’y perdre !

Et bien, si vous baladez le nez en l’air, vous aurez également la chance de croiser des signatures de bâtisseurs ou de bâtisseuses. Architectes, sculpteurs, entrepreneurs, maçons, sociétés… Toutes et tous avaient plus ou moins l’habitude de laisser leur marque. Laisser une trace sous la forme d’une plaque métallique, d’une céramique, d’une inscription à même la façade ou d’une mosaïque, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Quelques fois, en plus de l’identité ainsi que la fonction de la bâtisseuse ou du bâtisseur, vous découvrirez une date ou/et une ville : la date pour l’année de construction du bâtiment, la ville pour la localisation de l’agence ou de la société de l’architecte ou de l’entrepreneur.

Il faut savoir que depuis le courant du 19e siècle, les bâtisseurs ont pour habitude de signer leurs constructions en Seine-Saint-Denis comme sur l’ensemble du Grand Paris, et plus généralement de la France entière. Vous nous direz qu’ils ne signent pas systématiquement sinon chacun des bâtiments que nous croisons auraient une signature. C’est vrai, les bâtisseurs signent souvent leurs plus belles réalisations mais la pratique est rapidement normée. Dans les années 1940, seuls les architectes diplômés d’État ont le droit d’apposer leur signature, une pratique qui finit par être définitivement interdite, la signature étant perçue comme faisant figure de publicité. En réalité, officiellement interdite, la pratique perdure officieusement et vous trouverez des signatures datant du 19e siècle jusqu’à nos jours, les architectes étant de nouveau incités à signer leurs productions ces dernières années.

(En)quête de patrimoine, mais pourquoi ?

Exemple plaque 1
Signatures sur façades dans le Grand Paris
© Clara Leroux

Patrimoine largement méconnu, les signatures sont en somme aussi importantes que les façades sur lesquelles il est possible de les retrouver. Permettant de dater le bâtiment avec précision et surtout d’identifier celui ou celle qui en est à l’origine, les signatures sont aussi importantes que des actes de propriété ou des permis de construire. Recouvertes lors de ravalement de façades, déboulonnées par leurs nouveaux propriétaires, il s’agit de collecter toutes ces informations avant qu’elles ne disparaissent.

L’objectif d’(En)quête de patrimoine c’est faire découvrir l’architecture séquano-dionysienne. La Seine-Saint-Denis est un vaste territoire connaissant une multitude de constructions depuis plusieurs siècles. Mais quel.le.s sont les femmes et les hommes qui sont à l’origine de cet urbanisme si particulier ? C’est la question à laquelle les chargées d’inventaire ont décidé de soulever cette année en cartographiant les signatures découvertes, en rédigeant articles et monographies sur le sujet et surtout, en animant une multitude d’ateliers et balades.

(En)quête de patrimoine, c’est surtout un outil numérique : une web-application. Simple d’utilisation, elle permet de remplir un court formulaire réunissant l’ensemble des informations présentes sur la signature. Nom du bâtisseur, fonction, date, adresse… Un véritable travail de chercheur doublé d’un travail de photographe puisqu’il sera demandé par la suite à l’utilisateur de prendre une photographie de la signature en question, de la façade du bâti sur lequel elle est apposée et d’un détail qui lui tient particulièrement à cœur. Une céramique architecturale, un beau fer forgé, tout est permis !

Actuellement ce sont près de 950 signatures qui sont répertoriées sur l’ensemble du Grand Paris.

Printemps 2021 : et c’est reparti pour un tour !

(En)quête de patrimoine, ce n’est pas fini ! Après un programme automnal et hivernal bien rempli, nous continuons de proposer des visites sur ExploreParis mais en changeant de quartier, avec toujours plus de nouvelles découvertes.

Retrouvez tout le programme (En)quête de patrimoine !

Pour plus d’informations sur Les Cultiveuses et la grande aventure (En)quête de patrimoine, c’est par ici !